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Fran?ais


George W. Bush: Pas touche au Venezuela !

Nous soussignés, syndicalistes de France, en appelons à nos frères et sœurs des Etats-Unis, au nom du peuple vénézuélien.

Les récentes déclarations agressives à l’encontre du Président Chavez, formulées par des représentants de l’administration Bush, constituent une menace directe pour les travailleurs du Venezuela. C’est le même genre de langage belliqueux, de la part de la Maison Blanche, qui avait servi à préparer les interventions américaines au Vietnam, à Cuba, au Chili, en Iraq et ailleurs.

Par conséquent, nous en appelons à nos amis du mouvement syndical américain pour qu’ils condamnent avec nous ces provocations et exercent la plus grande pression sur l’administration Bush, afin que cessent ces attaques.

Nous défendons le droit à l’auto-détermination du peuple vénézuélien et la fin de l’ingérence impérialiste.

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L’Ecole Alberdi est une petite école d’un quartier populaire situé sur une des nombreuses collines surplombant la vallée de la ville de Caracas.

Les quartiers populaires de la capitale vénézuélienne ne bénéficient en
général de l’attention médiatique que dans la rubrique « faits divers ».
C’est pourtant au sein de ces labyrinthes de ruelles, de maisonnettes, de
ranchos construits au rythme de l’exode rural que vit la majorité de la
population caraqueña. C’est là aussi qu’aujourd’hui bat le cour du
’proceso’, ladite Révolution bolivarienne menée par le gouvernement d’Hugo
Chávez.

Le 2 décembre 2002, dans une nouvelle tentative de faire chuter le
président Chávez, la Coordination démocratique - regroupement
d’organisations et de partis d’opposition - ; Fedecameras, la principale
organisation patronale ; et la Confédération des travailleurs vénézuéliens
(CTV), principal syndicat à l’époque, tous menés par les médias
commerciaux, lançaient une grève générale indéfinie - la quatrième de
l’année - pour faire chuter le gouvernement. Mais de grève générale, il
n’y en a pas eu au Venezuela. Il s’agissait avant tout d’un lock-out
patronal accompagné d’un sabotage du secteur pétrolier. Dans
l’enseignement, un bon nombre d’écoles furent fermées par leur directeur
ou leur autorité de tutelle, avec la complicité, volontaire ou non, de
professeurs. C’est le cas de l’école Juan Bautista Alberdi.

En réaction à cette nouvelle tentative de déstabilisation, le 9 janvier
2003, des gens du quartier ont décidé de s’emparer de l’école. Au début,
ils voulaient juste réagir à sa fermeture et « appeler les professeurs à
la réflexion ». Quasi deux ans plus tard, ils y sont encore et ont
transformé l’école en un véritable petit laboratoire social grâce au
travail autonome d’une communauté. L’école est aussi devenue le reflet du
processus de changement contradictoire que vit actuellement la société
vénézuélienne.

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A l’occasion de la présence, en Belgique, d’un coordinateur élu de
l’école, Oscar Negrin, trois conférences sont organisées à Liège, La
Louvière et Bruxelles par différentes associations. Ces rencontres seront
introduites par Frédéric Lévêque, coordinateur du réseau d’information et
de solidarité avec l’Amérique latine (RISAL) et membre du Comité pour
l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM). Un traduction de
l’espagnol vers le français sera à chaque fois assurée.

*** LA LOUVIERE - Vendredi 10 décembre, 19h

Rencontre avec Oscar Negrin, directeur de l’école Juan Bautista Alberdi.

Diffusion d’une vidéo (25 min.) réalisée par les professeurs et les élèves
de l’école

Une initiative de la CGSP enseignement du centre et du Club Achille
Chavée, avec le soutien du CADTM.

Lieu: salle André Vogels - 7, rue du Temple, 7100 La Louvière.

*** LIEGE - Lundi 13 décembre, 20h

Rencontre avec Oscar Negrin, directeur de l’école Juan Bautista Alberdi.

Diffusion d’une vidéo (25 min.) réalisée par les professeurs et les élèves
de l’école

Lieu: Casa Nicaragua - 23, rue Pierreuse, 4000 Liège.
La rencontre sera précédée d’un repas à prix démocratique dès 18h30.

Une initiative du Centre culturel Barricade en partenariat avec la Casa
Nicaragua, Socialisme Sans Frontière, FLL, le CADTM, l’ACPR (Association
Culturelle Paul Renotte), l’ APED (Appel Pour une École Démocratique) et
avec le soutien de « D’autres Mondes », forum social à la liégeoise.

*** BRUXELLES - Mardi 14 décembre, 20h

Rencontre avec Oscar Negrin, directeur de l’école Juan Bautista Alberdi.

Diffusion d’une vidéo (25 min.) réalisée par les professeurs et les élèves
de l’école

Lieu: Espace Marx, rue rouppe, n°4, 1000 Bruxelles.

Une initiative du CADTM et de l’Espace Marx avec le soutien de Socialisme
Sans Frontière, du Collectif "Venezuela 13 Avril" et de la Campagne "Manos
Fuera de Venezuela".

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Contact:
Frédéric Lévêque
This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
02 539 32 19 / 0475 79 38 72

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Pas touche au Venezuela !

Pas assez de signatures, pas de referendum !

Le gouvernement des Etats-Unis exerce actuellement de très fortes pressions sur le gouvernement Chavez au Venezuela. Ces pressions sont à la fois militaires — comme le montre l’arrestation récente de paramilitaires contre-révolutionnaires colombiens agissant au Venezuela — et économiques, sous la forme de la menace d’un embargo commercial.
Au mois de décembre dernier, l’opposition de droite a collecté des signatures dans le but de forcer l’organisation d’un referendum qui pourrait, selon la constitution de 1999, donner lieu à des élections présidentielles anticipées. Elle prétendait avoir récolté 3.6 million de signatures. Cependant, la Commission électorale a trouvé que 800 000 signatures n’étaient pas valables, puisqu’elles étaient soit des signatures qui ne correspondaient pas aux cartes d’identité, soit des signatures de personnes décédées ou qui ne sont pas encore en âge de voter. Encore 700 000 signatures douteuses ont été invalidées parce que les personnes auxquelles elles étaient censées appartenir ne les ont pas confirmées lors des vérifications. Le décompte officiel a été validé par les observateurs du « Centre Carter », que l’on ne peut guère soupçonner de complaisance vis-à-vis du gouvernement Chavez. Le seuil de 2 400 000 signatures pour déclencher une nouvelle élection n’a manifestement pas été atteint.
Or, pour l’administration Bush, le referendum doit avoir lieu de toute façon ! Dans de nombreux discours et déclarations officielles, les représentants du gouvernement américain ont ouvertement menacé le Venezuela de sanctions économiques dans le cas contraire. Voilà une belle leçon de la démocratie à l’américaine !
Il faut s’opposer à ces pressions de toutes nos forces. A vrai dire, trop de concessions ont séjà été faites aux forces contre-révolutionnaires, ce qui ne fait que les encourager. L’opposition de droite au Venezuela a démontré on ne peut plus clairement son caractère anti-démocratique. En avril 2002, elle a participé au coup d’Etat visant à renverser le gouvernement démocratiquement élu d’Hugo Chavez. En décembre 2002, elle a soutenu, pendant 60 jours une campagne de sabotage économique. Plus de 80 dirigeants paysans et des dizaines de syndicalistes ont été assassinés. Les dirigeants de l’opposition devraient être jugés et punis pour leur implication dans ces crimes.
Au moment où la révolution et ses dirigeants sont sous une pression extrême de la part de l'administration Bush et de "l'opinion publique" de la presse et de l'industrie audiovisuelle, nous devons contrer cette pression par celle des mouvements socialiste, communiste et syndical de partout dans le monde. Nous demandons à tous les correspondants et lecteurs de La Riposte de manifester leur solidarité avec la révolution bolivarienne et de s'opposer à toute intervention impérialiste au Venezuela.

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Référendum au Venezuela : une écrasante défaite de la contre-révolution


Lundi matin, à 4 h 03, le Conseil National Electoral (CNE) du Venezuela a annoncé les résultats du référendum susceptible de révoquer le président vénézuelien Hugo Chavez Frias. Le décompte de 94,49 % des votes effectués sur des machines automatiques montrait que l’opposition n’est pas parvenue à obtenir plus de votes que ceux qui voulaient le maintien en fonction de Chavez. Il y a eu 4 991 483 votes « non », soit 58, 26 % des suffrages exprimés, contre 3 576 517 votes « oui », soit 41,74 % des suffrages exprimés.

Immédiatement, l’opposition a « catégoriquement refusé » de reconnaître les résultats du CNE. Pourtant, il est clair que le « non » l’a emporté à une large majorité. Les premiers communiqués annonçaient même une majorité plus grande : 63% contre 37%. Cela doit être plus proche de la vérité. Dans les districts ruraux et les zones urbaines pauvres – où Chavez jouit d’un large soutien, et où il n’y avait pas de machines automatiques – le décompte manuel des votes creusera probablement encore l’écart.

Les masses debout

Le référendum a soulevé les masses. Il y a eu un taux de participation sans précédent, parce que tout le monde savait ce qui était en jeu. Les Vénézueliens ont fait jusqu’à 10 heures de queue pour voter. Notre correspondant à Caracas nous écrivait, dimanche soir, au sujet de l’état d’esprit qui régnait pendant la journée :

« Les célébrations de rue et l’euphorie qu’on peut lire sur les visages des gens des quartiers pauvres de Caracas contraste avec l’ambiance sombre des quartiers des escualidos (les beaux quartiers). Dans tous les quartiers, il y a eu de longues queues devant les bureaux de votes. Mais alors que dans les quartiers pauvres les gens attendent toujours pour voter, dans les beaux quartiers, il n’y a plus de queues. »

Le taux de participation était d’environ 90 %. Ce chiffre historique contraste nettement avec ceux des élections en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis. C’est ce qui arrive lorsque les gens ont le sentiment que quelque chose d’important est en jeu. C’est ce qui arrive lorsque les gens sentent que la politique est importante et que leur vote peut faire une différence. Cela contraste nettement avec la situation des « démocraties occidentales », où beaucoup de gens ne vont même pas voter parce qu’ils se disent que quelque soit le résultat, cela ne changera pas grand-chose à leur vie. Et cependant, Bush et Blair estiment avoir le droit de donner des leçons de démocratie au peuple vénézuélien !

Le résultat exceptionnel du référendum de dimanche représente la huitième victoire électorale de Chavez et des bolivariens en l’espace de six ans. Cependant, l’opposition continue d’accuser Chavez d’être un « dictateur ». Cela ne tient pas devant les faits. On peut penser ce qu’on veut d’Hugo Chavez, mais ce n’est pas un dictateur. Au terme de presque six ans de pouvoir, le soutien populaire dont il jouit a augmenté. Après avoir rassemblé 56 % des voix aux élections de 1998, puis 59 % en 2000, il s’approche désormais des 60 %.

Battue à chacune des élections, l’opposition a essayé de renverser Chavez par un coup d’Etat en 2002, puis par une grève patronale de la compagnie pétrolière (la PDVSA). Après l’échec de ces deux tentatives, l’opposition a mis tout son poids dans le référendum révocatoire.

Tout cela est ironique. Le droit constitutionnel d’organiser un référendum révocatoire existe grâce à la nouvelle Constitution, qu’une Assemblée Constituante élue a rédigée au cours de la première année de la présidence de Chavez. C’est Chavez qui a proposé à l’Assemblée l’idée d’une révocabilité des officiels élus. La majorité soutenait cette proposition, que l’opposition rejetait, bien qu’elle ait par la suite hypocritement utilisé ce droit dans le but de renverser le Président. D’ailleurs, si ces « démocrates » avaient gagné, leur premier acte aurait été de supprimer le droit d’organiser un référendum révocatoire !

Ces messieurs se présentent comme des démocrates, mais, dans la pratique, ils montrent qu’ils n’acceptent la « démocratie » qu’à condition de gagner. L’opposition a poursuivi ses manœuvres jusqu’à la dernière minute. Avant que les résultats officiels ne soient annoncés par le CNE, les deux membres de l’opposition qui siègent au CNE, Sobella Mejias et Ezequiel Zamora, remettaient en cause les résultats. Par de telles manœuvres cyniques, l’opposition cherche à jeter le discrédit sur le référendum, de façon à préparer le terrain à de futurs actes de sabotage.

La classe ouvrière et les pauvres du Venezuela ont à nouveau fait preuve d’un infaillible instinct de classe. Dans les quartiers ouvriers de Petare, dès 4 heures du matin, les gens faisaient la queue devant les bureaux de vote. Lorsqu’il est devenu clair que l’opposition avait perdu, la joie populaire a explosé. Les rues qui entourent le Palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, étaient remplies de manifestants pro-Chavez célébrant la nouvelle victoire de la révolution bolivarienne. D’après Venezuelanalysis.com, « les Chavistes sont descendus dans les rues des quartiers ouvriers, fêtant l’évènement en jouant de la musique. Dans les zones ouvrières de Caracas, on pouvait également entendre les explosions de pétards et de feux d’artifices, comme pour les célébrations de la nouvelle année. »

Le référendum constitue un coup dur pour les contre-révolutionnaires, dont une section n’était clairement pas disposée à accepter le résultat. On rapporte que d’intenses négociations ont eu lieu entre le Centre Carter, l’Organisation des Etats Américains (OEA) et la Coordination Démocratique de l’opposition, pour convaincre cette dernière d’accepter la victoire de Chavez.

Un coup porté à la contre-révolution

Il est normal que les masses célèbrent leur victoire. Elles ont une nouvelle fois infligé un coup sérieux à la contre-révolution, la bloquant sur le plan électoral. Mais les opposants à Chavez sont également descendus dans la rue, répondant aux appels de leurs leaders les invitant à célébrer leur propre « victoire ». Les militants des groupes chavistes on dénoncé cet appel, dont le but était de provoquer le désordre public et d’éventuels blocage de routes – comme cela s’est déjà vu il y a quelques mois. Un appel de l’opposition à la « rébellion civile », pour protester contre la durée de la procédure électorale, confirme ces craintes.

Les contre-révolutionnaires comptaient utiliser le référendum pour provoquer de nouveaux affrontements et incidents. Leur espoir est toujours le même : créer suffisamment de chaos pour provoquer un coup d’Etat. Tel aurait été le scénario si le résultat du référendum avait été serré.

Huberto Calderon Berti et Cesar Perez Vivas, leaders de l’opposition et du COPEI (un parti de droite), on donné une conférence de presse dimanche soir pour remercier les observateurs internationaux pour leur présence lors de cette « élection historique ». L’expression misérable, sur le visage de Berti, en disait suffisamment long. Les choses ne se sont pas passées comme prévu ! Les contre-révolutionnaires espéraient que leur contrôle des médias de masse leur permettrait de gagner le référendum. Par ailleurs, ils comptaient sur l’appui à peine voilé de Washington et de la plupart des gouvernements de l’Amérique latine – en la personne de Jimmy Carter et de l’Organisation des Etats Américains (OAE).

Le rôle des « observateurs » étrangers

On attend toujours le verdict des observateurs internationaux, y compris ceux de l’ancien président américain Jimmy Carter et de l’OAE. Plus de 400 observateurs internationaux, y compris une mission de l’OAE, sont venus au Venezuela pour « observer » le déroulement du référendum. Le niveau d’ingérence étrangère dans les affaires internes du Venezuela était sans précédent. Ce référendum révocatoire était le processus électoral le plus étroitement surveillé de l’hémisphère occidental. Ce qui n’était certainement pas le cas des dernières élections présidentielles, au cours desquelles George W.Bush a fraudé. Mais ces petites contradictions n’émeuvent pas tellement les critiques internationaux du gouvernement Chavez.

L’élément le plus connu de la « mission d’observation » est le Centre Carter, fondé par l’ancien Président des Etats-Unis, Jimmy Carter. Cet homme était un médiocre Président, mais il a d’excellentes qualifications comme intrigant diplomatique. Le Président Chavez m’a dit comment Jimmy Carter avait pleuré lorsqu’il avait appris les terribles conditions de vie des pauvres vénézueliens. Son habileté à pleurer à tout moment est un héritage des terres bibliques du sud des Etats-Unis. Nul ne doute que ses ancêtres pleuraient sur la condition des pauvres, pendant qu’ils s’enrichissaient sur le dos des esclaves noirs. Ce type d’hypocrisie chrétienne est l’arme la plus utile dans le domaine de la diplomatie internationale – et Jimmy Carter la manie avec la plus extrême perfection.

De fait, l’hypocrisie est ces temps-ci très en vogue au Venezuela. La contre-révolution ne peut pas se permettre d’apparaître publiquement telle qu’elle est réellement, mais doit se cacher sous les traits de la « véritable démocratie », et ce même si son objectif réel est d’instaurer une dictature au Venezuela. De nombreuses organisations contre-révolutionnaires sont apparues sous les traits de groupes de défense des « droits de l’homme », etc. Pour tromper l’opinion publique, les choses doivent êtres changées en leur contraire : une défaite électorale doit être présentée comme une victoire, une victoire comme une défaite, la dictature comme la démocratie, la démocratie comme la dictature, et ainsi de suite.

L’organisation Súmate est une spécialiste de ce genre d’hypocrisie et de tromperie. Súmate, qui est supposée être une association civile et non-partisane, est en réalité un groupe qui soutient l’opposition, et que finance Washington. La co-directrice de Súmate, Maria Corina Machado, a participé au coup d’Etat de 2002 qui a brièvement renversé Chavez : elle a signé les décrets du prétendant à la dictature Pedro Carmona.

Súmate a utilisé l’argent de ses généreux donateurs américains pour organiser une large équipe de « volontaires », dont l’objectif était de collecter le plus grand nombre possible de votes « oui » à la sortie des urnes. Ces « résultats objectifs » auraient alors pu être présentés comme la « preuve » que l’opposition avait gagné, et être utilisés comme élément de propagande pour provoquer des troubles, une fois annoncée la victoire de Chavez.

Malgré son image publique d’« institution impartiale », le Centre Carter est un instrument de Washington. Il dépend du financement américain. Et comme le dit le proverbe anglais : c’est celui qui paye le musicien qui choisit la chanson. Or on sait bien que l’ensemble de l’establishment politique américain s’oppose à Chavez et soutient l’opposition.

Carter en appelle à la prudence

Il ne fait aucun doute que les sympathies de Carter et de l’OAE allaient à l’opposition. Cependant, les plans de l’opposition consistant à utiliser les « observateurs » étrangers ont été anéantis par la réponse massive qu’a suscitée la campagne électorale. La campagne elle-même a été menée de la manière scrupuleusement juste et démocratique. Aucune des irrégularités espérées par l’opposition n’a pu être constatée.

Tôt dans la matinée de dimanche, après avoir visité plusieurs bureaux de vote, Carter a été obligé de reconnaître que les queues d’électeurs étaient « extrêmement longues et disciplinées ». Il a ajouté que « dès les premières heures de la journée, nous avons visité plusieurs bureaux de vote de Caracas, où il y a des milliers de gens qui attendaient avec beaucoup de patience et de calme. » Cesar Gaviria, le secrétaire général de l’OAE, a déclaré dimanche que les résultats du référendum seraient « dignes de confiance ».

Qu’est-ce que ces messieurs-dames pouvaient bien ajouter ? L’intention première de l’OAE et du centre Carter était de faire pression sur le gouvernement de Caracas pour parvenir à un « compromis » avec l’opposition, ou, si possible, de manipuler le résultat du référendum en faveur de celle-ci. C’est probablement la raison pour laquelle l’annonce des résultats officiels a été retardée.

Une partie des « durs » de l’opposition a sans doute demandé à l’OAE et au Centre Carter de collaborer à de telles manœuvres. Certains secteurs de l’opposition avaient annoncé leur intention de donner leurs propres résultats 5 heures avant la fermeture des bureaux de vote. Telle semble avoir été la position du leader de l’opposition Enrique Mendoza. Cela aurait été une grande provocation. Mais le Centre Carter et l’OAE ont compris qu’il était inutile et contre-productif d’essayer de contester le résultat du référendum.

Lundi, à une heure et demie du matin, les officiels du Centre Carter et de l’OAE sont sortis d’une réunion avec le Conseil National Electoral. Ils ont désespérément essayé de convaincre la Coordination Démocratique (opposition) d’accepter la victoire de Chavez. La discussion a du être très tendue. Mais Carter ne pouvait pas suivre les « durs » de l’opposition. Il est certainement un bandit impérialiste, mais il n’est pas complètement fou. Une tentative flagrante de donner la victoire à l’opposition en recourrant à la fraude aurait immédiatement provoqué une explosion qui aurait échappé à leur contrôle.

Carter, qui est un représentant relativement sensé de l’impérialisme américain, a donc du faire pression sur l’opposition pour qu’elle se calme. Le journal vénézuelien Diario Vea rapporte que Jennyfer McCoy, une dirigeante de la « mission Carter », a indirectement critiqué la décision de l’opposition d’annoncer un résultat non officiel et avant l’heure prévue. McCoy aurait déclaré que tous les acteurs politiques devraient attendre l’annonce des résultats par l’organisme gouvernemental dont c’est la fonction, c’est-à-dire le CNE.

Le Centre Carter et l’OAE ont compris qu’il était vain et contre-productif d’essayer de nier le résultat du référendum. Mais il ne s’agit que d’une décision tactique. Ils comprennent qu’à ce stade un coup d’Etat est hors de question, le rapport de force entre les classes ne leur étant pas favorable. Par conséquent, une partie de l’opposition, tout au moins, devra accepter à contre-cœur la victoire de Chavez. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est jeter le doute sur le déroulement du vote, exagérer les irrégularités, crier à la fraude, etc. C’est ce qu’ils font. Et en fait, ils avaient déjà commencé à le faire avant même la tenue du référendum.

Et maintenant ?

Les impérialistes comprennent que ce n’est pas le moment de tenter un nouveau coup d’Etat, qui mènerait à la guerre civile – une guerre civile qu’ils perdraient certainement. Aussi ont-ils décidé d’adopter une tactique différente. La stratégie de l’assaut ayant échoué, ils vont recourir à la stratégie du siège. La lutte n’est pas terminée, elle n’est que transférée sur un autre plan. Les contre-révolutionnaires et leurs alliés impérialistes attendront jusqu’à ce que le rapport de force entre les classes leur soit plus favorable. Ils reprendront l’offensive. Mais pour le moment, ils sont forcés d’opérer un repli tactique et de penser leurs blessures.

Peut-on dire que tout est réglé et que l’opposition a été battue de façon décisive ? Certainement pas. Le référendum a montré que la société vénézuélienne est extrêmement polarisée entre la droite et la gauche. Cette polarisation ne disparaîtra pas du fait du référendum, mais au contraire ne fera qu’augmenter. En la matière, le référendum n’a rien résolu. Les contre-révolutionnaires vont regrouper leurs forces et préparer une nouvelle offensive pour le moment où les conditions seront plus favorables.

Sur la scène internationale, ils ne vont pas mettre un terme à leur campagne bruyante contre la révolution vénézuélienne. Ils ne vont pas cesser de prétendre que Chavez a des tendances autoritaires. Par le biais d’organisations comme Súmate, ils vont publier de faux résultats du référendum, de façon à prétendre que le gouvernement de Chavez a fraudé. Ils vont continuer de saborder et de faire obstacle aux progrès de la révolution. Ils vont tenter de créer une situation de chaos économique et social. Ils ne seront jamais satisfaits tant que Chavez ne sera pas renversé et les acquis de la révolution bolivarienne complètement liquidés.

La nouvelle victoire du gouvernement Chavez place l’opposition bourgeoise dans une position difficile. Pour la quatrième fois, une élection libre a donné une majorité décisive à Chavez. La bourgeoisie vénézuélienne est de plus en plus désespérée. La lutte des classes ne cesse de s’intensifier. Encouragés par le résultat du référendum, les travailleurs et les paysans demanderont davantage de réforme et un approfondissement du processus révolutionnaire. La bourgeoisie et les impérialistes demanderont une halte et un retour en arrière. Le gouvernement se trouvera pris en étau entre ces forces contradictoires.

La participation massive au vote reflète la très grande polarisation de la société vénézuélienne. La question posée concernait le maintien au pouvoir de Chavez, mais des problèmes beaucoup plus profonds sont en jeu, et ces problèmes doivent encore être résolus. Il était nécessaire de gagner le référendum, mais le résultat du référendum ne va pas en lui-même résoudre ces problèmes fondamentaux. Il ne fera que les poser de façon plus vive.

Les dirigeants du mouvement bolivarien qui expliquaient que le référendum permettrait de réduire au silence les ennemis de la révolution ont eu la preuve de leur erreur. Les ennemis intérieurs et extérieurs de la révolution ne peuvent être conciliés par des élections, des référendums et des négociations. Ils ne se seront satisfaits que lorsque la révolution sera battue. Ne pas le reconnaître est le comble de l’irresponsabilité.

A plusieurs occasions, au cours de ces dernières années, lorsque les masses ont mis en échec la contre-révolution, des opportunités en or se sont présentées de pousser la révolution à son terme et d’arracher une fois pour toute son pouvoir à l’oligarchie. Mais à chaque occasion, l’opportunité a été gâchée. Les dirigeants du mouvement bolivarien se sont laissés séduire par les sirènes qui en appelaient à la « modération » et à la « négociation ». Le résultat inévitable fut une nouvelle offensive de la contre-révolution.

Il est temps de tirer les enseignements ! On ne peut pas faire la moitié d’une révolution. Tant que l’oligarchie conservera son contrôle sur d’importantes sections de l’économie, elle continuera d’agir comme le Cheval de Troie de l’impérialisme américain, sabotant et minant la révolution bolivarienne. Il est temps de se poser la question clé : peut-on laisser une poignée de riches parasites décider du sort de millions de personne ? Ou va-t-on mettre un terme définitif à cette situation, c’est-à-dire exproprier les contre-révolutionnaires et prendre la voie de la démocratie socialiste ?

Le 15 août restera dans les annales de l’histoire révolutionnaire comme une grande victoire de la classe ouvrière – à une condition : que nous ne la gâchions pas, que nous ne laissions pas l’initiative à nos ennemis, et que nous leur portions les coups qui détruiront les bases de leur pouvoir. C’est la seule façon de consolider notre victoire et de la prolonger par une décisive transformation révolutionnaire de la société.

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La révolution vénézuélienne après le référendum

Avec le vote massif en faveur de Chavez au référendum révocatoire du 15 août, le mouvement révolutionnaire vénézuélien a, une fois de plus, remporté une victoire éclatante sur la classe capitaliste nationale et l’impérialisme américain. Sur la base d’un taux de participation de 90%, près de 60 % des électeurs ont demandé le maintien d’Hugo Chavez au poste de président. L’opposition, qui a immédiatement contesté le résultat des élections, a dû cependant se résoudre à l’échec.

Soutien Chavez
Rassemblement le 8 août en soutien à Chavez

Après le coup d’Etat manqué d’avril 2002 et la grève patronale de décembre 2002/février 2003, ce référendum représentait la troisième tentative de renverser Hugo Chavez. A chaque fois, l’opposition a été soutenue par le patronat, les dirigeants syndicaux corrompus, les hautes instances de l’Eglise, les médias privés — sans oublier l’appui de l’administration américaine. Mais à chaque fois, l’extraordinaire énergie révolutionnaire des masses a eu raison de cette coalition, qui rassemble tout ce que la société vénézuélienne compte de corrompu et de réactionnaire.

L’organisation du référendum était elle-même le résultat d’une fraude massive de la part de l’opposition. La possibilité d’organiser un tel référendum supposait que 2,4 millions de signatures soient rassemblées. Or il est de notoriété publique, au Venezuela, qu’au cours de la collecte de ces signatures, l’opposition n’a pas hésité à faire signer plusieurs fois la même personne, ou encore à faire signer les morts ! Même certains membres de l’opposition l’ont reconnu. Cependant, face aux énormes pressions de l’opposition et de Washington, le Conseil National Electoral a décidé d’organiser tout de même le référendum. Et à présent, l’opposition jette le discrédit sur son résultat. Cela montre bien que les soi-disant démocrates de l’opposition — dont un certain nombre ont participé à la tentative de coup d’Etat de 2002 — ne tolèrent la démocratie qu’à condition de gagner les élections !

Fraude Chavez

La contre-révolution espérait s’appuyer sur le référendum pour destituer Chavez, revenir au pouvoir et liquider les acquis de la révolution bolivarienne. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévues. L’opposition misait sur la complicité de deux agences de l’impérialisme américain : l’Organisation des Etats Américains (OEA) et le Centre Carter, ce dernier étant dirigé par l’ex-président des Etats-Unis Jimmy Carter, dont l’hostilité à l’égard du mouvement révolutionnaire vénézuélien ne fait aucun doute. Les « observateurs » de ces deux institutions (financées par le gouvernement américain) étaient officiellement venus pour contrôler et valider le processus électoral — en réalité, pour si possible en contester le résultat au profit de la contre-révolution. Le 15 août, la journaliste du Monde Marie Delcas écrivait : « plus le résultat sera serré, plus le rôle des observateurs électoraux sera crucial : de leur jugement pourrait bien dépendre la suite des évènements. » Ce qu’il fallait lire entre ces lignes hypocrites, c’est qu’en cas de résultat serré, l’AOE et le Centre Carter auraient pu tenter de proclamer leurs propres résultats.

Mais voilà : le résultat a donné une écrasante majorité aux Chavistes. Par ailleurs, ce résultat confirme le fait que le rapport de force entre les travailleurs vénézuéliens et la contre-révolution est pour le moment à l’avantage des premiers. Jimmy Carter, qui n’est pas complètement stupide, a très certainement fait pression sur l’opposition pour qu’elle renonce à tenter un nouveau coup de force. A ce stade, en effet, un tel scénario déboucherait inévitablement sur une guerre civile — que la contre-révolution aurait de bonnes chances de perdre.

La victoire de Chavez ne mettra pas un terme aux sabotages et à la propagande haineuse de la contre-révolution. Elle a essuyé une nouvelle défaite, mais il serait parfaitement naïf de s’imaginer qu’elle va attendre sagement les prochaines élections et laisser le gouvernement Chavez réaliser son programme. La stratégie de la droite repose précisément sur le sabotage permanent et systématique des avancées de la révolution. Leur objectif est de semer le plus de chaos possible, de façon à créer les conditions d’un coup d’Etat victorieux.

Dans ce contexte, la politique de la direction du mouvement bolivarien jouera un rôle clé dans l’issue du conflit de classe qui, comme dans toute révolution, atteint au Venezuela une extrême intensité. Or, Chavez est entouré de nombreux éléments réformistes qui ne cessent de semer l’illusion selon laquelle il serait possible, moyennant quelques compromis, de se concilier l’opposition et l’administration américaine. Ces incurables réformistes ne cessent de répéter qu’il ne faut pas «provoquer » Bush, et s’imaginaient que l’opposition allait baisser les armes après la victoire de Chavez au référendum. Mais l’opposition n’a pas baissé les armes : elle a au contraire immédiatement remis en cause le résultat du référendum. Quant à l’administration Bush, elle n’a pas besoin d’être provoquée : elle l’est déjà. Le processus révolutionnaire vénézuélien heurte de plein fouet ses intérêts, car il inspire les travailleurs de l’ensemble de l’Amérique latine, que les capitalistes américains exploitent abondamment et considèrent comme leur « chasse gardée ».

Vota No

Encore une fois, la stratégie générale de la contre-révolution consiste à saboter systématiquement le mouvement révolutionnaire, en attendant qu’une occasion se présente de renverser Chavez et d’écraser le mouvement révolutionnaire. C’est ce qui a été largement démontré par l’expérience de ces dernières années, et il est temps d’en tirer les leçons. On ne peut pas faire la moitié d’une révolution. Les réformes engagées au cours de la révolution ne peuvent être consolidées et poursuivies qu’à condition de mettre fin au pouvoir économique de la classe dirigeante vénézuélienne, dont elle se sert pour semer le chaos. Seule l’expropriation des capitalistes et l’instauration d’un régime de démocratie ouvrière permettront de satisfaire les besoins du peuple vénézuélien. Par ailleurs, un tel développement de la révolution déclencherait à travers le monde une vague de sympathie et de solidarité telle que les fondations du capitalisme mondial en seraient profondément affectées. Ce serait une étape majeure dans la lutte pour le socialisme à l’échelle mondiale.

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